Les activités socioéconomiques sont restées totalement paralysées ce lundi 3 août dans la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa (Ituri), en observance de la première des deux journées « ville morte » décrétées par les structures de la société civile et de défense des droits humains.
À travers cette action, ces organisations entendent dénoncer la détérioration continue de la situation sécuritaire et exiger des autorités le lancement d’opérations militaires de grande envergure contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Sur l’ensemble de la chefferie, notre reporter a constaté que les commerces sont restés fermés et que les principales activités sont demeurées à l’arrêt, signe d’une forte adhésion de la population à ce mouvement citoyen.
Cette mobilisation intervient alors que la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante dans le territoire de Mambasa. Selon plusieurs sources locales, les combattants ADF se seraient scindés en plusieurs groupes mobiles opérant sur différents axes, multipliant ainsi les attaques contre les populations civiles.
Les conséquences sont lourdes : des centaines de familles ont été contraintes de fuir leurs villages, plusieurs localités se sont vidées de leurs habitants, tandis que des maisons et d’autres biens ont été incendiés. Les structures de la société civile dénoncent également l’insuffisance de la prise en compte de leurs alertes ainsi que le manque de coordination dans la conduite des opérations militaires.
Réunies la semaine dernière pour évaluer l’évolution de la situation, les organisations de la société civile et de défense des droits humains de la chefferie des Babila-Babombi, la plus touchée parmi les sept chefferies du territoire de Mambasa, ont condamné la recrudescence des violences. Elles affirment que plus de 200 civils ont été tués au cours des trois derniers mois dans cette seule chefferie, en plus de nombreuses habitations et motos incendiées.
Outre les deux journées « ville morte », ces organisations ont appelé la population à suspendre le paiement des taxes jusqu’à ce que les autorités mettent en œuvre une réponse sécuritaire à la hauteur de la menace que représentent les ADF.
Il convient de rappeler que le territoire de Mambasa fait actuellement face à un double défi majeur : la persistance de l’insécurité liée aux groupes armés et la résurgence de la maladie à virus Ebola, deux crises qui fragilisent davantage les communautés locales.
Par Josaphat Kikanga

