Des jeunes leaders du territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, ont dressé un état des lieux de la situation sécuritaire et sanitaire lors d’un échange organisé dans la nuit de dimanche à lundi par Delphine Bilua sur le groupe WhatsApp « Jeunes Leaders ». L’appel, qui s’est tenu de 22h00 à 00h00, avait pour objectif de recueillir les analyses des participants et de dégager des pistes de solution face aux défis auxquels le territoire est confronté.
Les participants ont estimé que, malgré une amélioration globale de la situation sécuritaire observée ces derniers mois, de nombreuses contraintes continuent de peser sur les populations civiles. Selon leurs analyses, la dispersion de plusieurs groupes des Forces démocratiques alliées (ADF) sur différents axes complique les opérations militaires, tandis que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont confrontées à des difficultés de coordination opérationnelle.
Les intervenants ont également souligné que les déplacements fréquents des combattants ADF dans les zones forestières ont entraîné l’abandon de plusieurs sites miniers, une situation qui favoriserait une recrudescence des actes de banditisme dans le chef-lieu du territoire de Mambasa.
Au centre de Mambasa, les participants ont qualifié la situation de préoccupante, malgré la présence des forces de sécurité et des services de renseignement. Ils ont relevé que les effectifs de la Police nationale congolaise restent insuffisants pour répondre aux besoins sécuritaires de la population. Ils ont également noté que la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) concentre principalement ses interventions sur le renseignement et les patrouilles de reconnaissance.
Pour améliorer la sécurité, les jeunes leaders ont recommandé de renforcer la collaboration entre les autorités et les communautés locales afin de mettre fin aux réseaux de complicité dont bénéficieraient certains groupes armés. Ils ont proposé la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les FARDC, les leaders communautaires et les structures citoyennes afin de faciliter les échanges d’informations et la sensibilisation des populations.
Sur le plan sanitaire, les discussions ont porté sur les défis liés à la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE). Les participants ont observé que seules les zones de santé de Mambasa et de Mandima disposent d’une expérience significative dans la gestion des précédentes épidémies, alors que d’autres zones du territoire présentent un déficit de compétences.
Ils ont indiqué que l’épicentre actuel se situe à PK51, une zone minière caractérisée par une forte présence de populations venues d’autres provinces, dont une partie remettrait en question l’existence de la maladie. Cette situation, combinée à une circulation importante de fausses informations, contribuerait à une augmentation des décès et au déplacement de nombreuses familles hors de la zone affectée.
Les participants ont également évoqué les difficultés rencontrées par les équipes de riposte, estimant que certaines dispositions encadrant l’intervention compliquent les opérations sur le terrain.
Pour renforcer l’adhésion des communautés, les jeunes leaders ont recommandé une approche fondée sur l’engagement communautaire (CREC), incluant la cartographie des leaders d’opinion capables de dialoguer avec les groupes réfractaires, notamment dans les localités de PK51 et NiaNia. Ils ont également proposé d’identifier les causes spécifiques des résistances afin d’adapter les stratégies de communication.
Enfin, les participants ont insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les jeunes, les enfants du milieu ainsi que les leaders des chefferies de Bombo et Bandaka dans les campagnes de sensibilisation, afin de promouvoir les mesures de prévention contre Ebola et de renforcer l’acceptation des équipes humanitaires au sein des communautés.
L’échange s’est conclu par un appel à une collaboration renforcée entre les autorités, les communautés locales, les organisations humanitaires et les partenaires de sécurité afin de répondre de manière coordonnée aux défis auxquels le territoire de Mambasa demeure confronté.
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