Général-Major Bruno Mandefu, Commandant Secteur opérationnel de l'Ituri lors d'une mission à Mambasa
Face à une population meurtrie par les massacres répétés attribués aux ADF, le Général Major Bruno Mandefu, commandant secteur opérationnel de l’Ituri a frappé fort ce Samedi 16 Mai 2026, lors d’un meeting populaire tenu au nom du Gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya Kashama. Entre promesses de justice, arrivée imminente de l’UPDF, retour assumé de la MONUSCO et offensive annoncée contre les groupes armés, le message était clair : « la paix sera rétablie, coûte que coûte ».
Le commandant du Secteur opérationnel Ituri affirme avoir pris acte des recommandations formulées par la synergie de la société civile de la chefferie des Babila Babombi.
Devant une foule attentive, il a promis que les officiers accusés d’avoir négligé les alertes de la population avant les massacres du 7 mai dernier répondront devant la justice militaire.
« Il n’y a pas de mauvaise troupe, mais il n’y a que des mauvais chefs », a-t-il martelé, dénonçant la légèreté de certains commandants face aux renseignements communautaires.
Dans un ton offensif, le Général Bruno Mandefu a annoncé l’arrivée, dès lundi, des forces ougandaises de l’UPDF à Biakato dans le cadre des opérations conjointes FARDC-UPDF contre les rebelles ADF. Une annonce accueillie sous des applaudissements nourris par une population qui garde, selon plusieurs témoignages, un souvenir positif des précédentes interventions ougandaises dans la région.
Autre sujet sensible abordé sans détour : la présence de la MONUSCO.
Le commandant militaire a recadré le débat en rappelant que la mission onusienne est un partenaire officiel du Gouvernement congolais à travers les accords signés avec l’ONU. « Ni moi ni la population n’avons amené la MONUSCO », a-t-il déclaré, avant d’appeler à dépasser les divergences pour privilégier l’objectif commun de paix.
Selon lui, le rejet de la MONUSCO est alimenté par « des manipulations de l’ennemi ». Il a insisté sur la nécessité d’unir les forces des FARDC, de la Brigade d’intervention de la MONUSCO et de la population pour vaincre l’insécurité.
Le Général Major Bruno Mandefu a également annoncé des opérations militaires imminentes contre tous les groupes armés actifs dans les chefferies des Babila Babombi et Bakwanza, y compris les groupes dits Wazalendo. Un ultimatum de 72 heures a été accordé aux habitants afin qu’ils quittent temporairement certaines zones champêtres ciblées par les futures offensives militaires.
Il accuse ces groupes armés de semer la terreur et de bloquer les activités économiques, notamment autour du cacao.
Dans son appel à la collaboration civilo-militaire, le commandant du Secteur opérationnel Ituri a comparé la population à « l’eau » et les FARDC à « des poissons », soulignant que l’armée ne peut réussir sans le soutien populaire. Il a invité les habitants à dénoncer toute complicité locale avec les ADF, qu’il qualifie désormais de « business criminel » impliquant plusieurs couches sociales.
Sur le plan humanitaire, les autorités militaires ont demandé à la population de faciliter l’accès des partenaires humanitaires aux zones affectées afin d’assister les déplacés et les personnes vulnérables. Les résistances contre les humanitaires ont été qualifiées de manipulations inutiles.
Prenant également la parole, le Général de brigade de la Force d’intervention de la MONUSCO a rassuré que la mission onusienne vient « pour la paix et rien que la paix ». Il promet un appui renforcé aux FARDC afin d’obtenir des résultats visibles sur le terrain.
De son côté, la société civile locale a lu un mémorandum particulièrement critique. Elle y dénonce les tueries répétitives, l’inaction de certains officiers face aux alertes sécuritaires, les abus des militaires affairistes ainsi que les violations des droits humains. Les forces vives réclament notamment l’installation urgente de positions FARDC à Élake, Mikingi et Sitarudi, ainsi qu’une meilleure protection des leaders communautaires régulièrement menacés par les groupes armés.
À Biakato, la population attend désormais des actes concrets. Après les discours et les promesses, place aux opérations sur le terrain.
Jef.

