La société civile forces vives du territoire de Mambasa a arrêté, dimanche, une série de mesures en réponse à la dégradation de la situation sécuritaire et aux violences attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF).
Réunis en assemblée générale extraordinaire avec plusieurs composantes de la société civile, des structures de jeunes, des associations et des opérateurs économiques, les participants ont examiné la situation sécuritaire dans le territoire et décidé d’interpeller le gouvernement congolais sur la nécessité d’une réponse urgente.
À l’issue de la rencontre, le coordonnateur de la société civile forces vives de Mambasa, Mungeni Yuma, a présenté devant la presse les principales décisions issues de cette réunion.
Une journée ville morte en hommage aux victimes
Première décision annoncée : l’organisation prochaine d’une journée ville morte dans le territoire de Mambasa.
Selon la société civile, cette action vise à rendre hommage aux victimes des violences attribuées aux ADF et à attirer l’attention des autorités nationales sur la gravité de la situation sécuritaire.
Cette mobilisation doit également servir de moyen de pression pour obtenir une réaction plus forte des autorités face aux attaques qui continuent de toucher plusieurs zones du territoire.
Suspension de la mobilisation fiscale pendant six mois
Deuxième mesure retenue : la société civile appelle à une suspension du service fiscal pendant une période de six mois.
Cette décision est présentée comme une mesure de pression destinée à pousser le gouvernement congolais à renforcer ses efforts en matière de sécurité et de protection des civils.
Mungeni Yuma a toutefois précisé que cette mesure pourrait être levée avant l’échéance prévue si les autorités apportent des réponses jugées satisfaisantes.
« Si le gouvernement faisait mieux, avant les six mois, nous allons retirer cette décision », a-t-il déclaré.
Renforcement des effectifs et des moyens militaires
La troisième recommandation concerne directement le dispositif sécuritaire.
La société civile demande au gouvernement de renforcer les effectifs militaires déployés dans le territoire de Mambasa et d’améliorer leurs capacités opérationnelles.
Elle réclame notamment davantage de moyens logistiques, de véhicules et d’équipements, afin de permettre aux forces de défense et de sécurité de mieux intervenir dans les zones affectées par les violences.
Une réponse à l’insécurité et aux déplacements de populations
Ces décisions interviennent dans un contexte marqué, selon la société civile, par des attaques, des déplacements de populations et une situation humanitaire préoccupante dans plusieurs secteurs de Mambasa.
La société civile cite notamment la chefferie de Babila-Babombi et plusieurs groupements, dont Bela-Ndiapanda, Bangole et Bapongomo. Elle affirme que plus de 13 personnes ont été tuées dans la nuit du 7 au 8 août à Bapongomo.
Au-delà de la réponse sécuritaire, les participants à la réunion ont également mis en avant la nécessité de prendre en charge les populations déplacées, particulièrement les personnes vulnérables.
À travers ces décisions, la société civile forces vives entend ainsi accroître la pression sur les autorités congolaises et obtenir une réponse qu’elle juge à la hauteur de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa.
MABI

