Équipe de riposte contre la maladie à virus Ebola, image d'illustration
L’épidémie d’Ebola déclarée récemment en province de l’Ituri prend une ampleur régionale. Après plusieurs cas signalés dans le territoire de Djugu, un décès lié au virus a été enregistré en Ouganda voisin, poussant les autorités sanitaires africaines et internationales à renforcer l’alerte.
Dimanche 17 mai 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a classé cette flambée comme une « urgence de santé publique de portée internationale ». Selon un communiqué publié sur X par l’OMS, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a statué que le virus « constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique ».
L’USPPI était auparavant le niveau d’alerte le plus élevé face à une épidémie selon le Règlement sanitaire international (RSI), un cadre juridiquement contraignant pour les États parties à l’OMS. Mais des amendements adoptés en juin 2024 ont introduit un plus haut degré d’alerte : celui d’« urgence due à une pandémie »
Mongwalu au centre des préoccupations
Le foyer principal de l’épidémie se trouve à Mongwalu, localité minière située à environ 85 kilomètres de Bunia. Mais l’accès à cette zone reste difficile à cause du mauvais état des routes et de l’effondrement du pont Nizi depuis plusieurs mois.
Les équipes médicales rencontrent d’importantes difficultés pour acheminer les médicaments, transporter les échantillons vers les laboratoires ou encore organiser des enterrements sécurisés.
La forte mobilité des populations dans les zones minières inquiète également les autorités sanitaires. De nombreux habitants voyagent régulièrement entre l’Ituri, l’Ouganda, le Soudan du Sud et d’autres provinces de l’est de la RDC.
Les pays voisins en alerte
Après le décès d’un ressortissant congolais à Kampala, l’Ouganda a renforcé ses contrôles sanitaires dans plusieurs districts frontaliers. Le Kenya a activé son dispositif de préparation tandis que le Soudan du Sud suit de près l’évolution de la situation.
De son côté, Africa CDC a mis en place une coordination régionale afin de limiter les risques de propagation du virus dans la sous-région.
Insécurité et défis humanitaires
La réponse sanitaire reste compliquée par l’insécurité persistante dans certaines zones de l’Ituri où des groupes armés sont encore actifs. Les mouvements des équipes médicales nécessitent souvent des mesures de sécurité particulières.
Les autorités sanitaires appellent la population au respect des consignes de prévention, notamment le signalement rapide des cas suspects, l’évitement des contacts avec les personnes malades et le respect des mesures d’hygiène.
Face à cette situation préoccupante, plusieurs organisations humanitaires demandent un soutien logistique urgent afin d’éviter une aggravation de la crise sanitaire dans l’est de la RDC.
Rédaction

