Station de la Réserve de Faune à Okapis Epulu, photo © tiers
L’affaire des okapis congolais présents dans des zoos et centres de conservation à l’étranger prend une nouvelle tournure.
La question écrite du député national élu de Mambasa, Jefferson Abdallah Pene Mbaka, vient officiellement d’être transmise à l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara.
Dans une correspondance datée du 7 octobre 2026, le président de la Chambre basse demande à l’ICCN de donner suite à cette question parlementaire.
COMBIEN D’OKAPIS CONGOLAIS SONT À L’ÉTRANGER ?
C’est l’une des principales questions posées par le député.
Jefferson Abdallah Pene Mbaka veut notamment savoir :
- Combien d’okapis originaires de la RDC se trouvent actuellement à l’étranger ;
- Dans quelles conditions ils ont été transférés ;
- Quel cadre légal a encadré ces transferts ;
- Quels accords existent avec les institutions étrangères ;
- Quelles retombées scientifiques, environnementales et financières la RDC tire de ces partenariats ;
- et surtout, comment sont gérées et tracées les éventuelles ressources générées.
Autrement dit : où sont les okapis congolais, qui les détient et qu’est-ce que la RDC en tire ?
L’ICCN A 10 JOURS
La procédure parlementaire impose désormais un délai précis.
Le directeur général de l’ICCN dispose de dix (10) jours à compter de la réception de la question pour transmettre sa réponse au Bureau de l’Assemblée nationale.
Le délai n’est donc pas symbolique : la lettre de transmission du président de l’Assemblée nationale rappelle expressément cette obligation.
PAS DE RÉPONSE ? L’INTERPELLATION EN VUE !
L’affaire pourrait prendre une dimension politique si l’ICCN ne répond pas dans le délai prévu.
En cas de silence, le responsable de l’institution s’expose à une interpellation, conformément au Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
La pression est donc désormais sur l’ICCN.
LA RÉPONSE SERA PUBLIÉE
Autre élément important : la question et sa réponse doivent être publiées dans le Bulletin des questions et réponses de l’Assemblée nationale.
Le dossier ne devrait donc pas rester dans les couloirs de l’administration.
La représentation nationale pourra officiellement suivre la réponse de l’ICCN.
L’OKAPI AU CŒUR DES QUESTIONS DE SOUVERAINETÉ
Au-delà du nombre d’animaux concernés, cette démarche parlementaire soulève une question plus large : comment la RDC protège-t-elle, valorise-t-elle et contrôle-t-elle son patrimoine naturel lorsqu’il se retrouve à l’étranger ?
Dans les prochains jours, tous les regards seront tournés vers l’ICCN.
Dix jours pour répondre. Dix jours pour lever les zones d’ombre autour des okapis congolais à l’étranger.
Ismaël Masiya Akilimali Bafoka
