Une enquête réalisée par le média en ligne MAMBASANEWS.CD auprès de 60 répondants met en lumière une perception globalement critique de la gestion du Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama à la tête de la province de l’Ituri, tout en reconnaissant certaines avancées en matière d’infrastructures.
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Conduite en ligne durant sept jours à l’issue du remplacement du gouverneur militaire par le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, cette étude visait à recueillir les opinions des citoyens sur le bilan de près de cinq années d’administration militaire dans le cadre de l’état de siège instauré en mai 2021.
Les résultats montrent qu’une majorité des personnes interrogées demeure insatisfaite de la gestion globale de Johnny Luboya. Ainsi, 58,3 % des répondants déclarent ne pas être satisfaits de son action à la tête de la province, contre 41,7 % qui expriment un avis favorable.
Les critiques se concentrent principalement sur les questions sécuritaires, pourtant au cœur des objectifs assignés à l’état de siège. Plus des deux tiers des participants (68,3 %) estiment que la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée depuis 2021. Soixante pour cent affirment ne pas se sentir davantage en sécurité qu’avant son arrivée aux commandes de la province.
Les opérations militaires menées sous son autorité sont également jugées insuffisantes par une majorité des répondants. Selon l’enquête, 58,3 % considèrent qu’elles n’ont pas permis de réduire efficacement l’activisme des groupes armés. Dans le même temps, 66,7 % estiment que les principales routes de la province ne sont pas aujourd’hui mieux sécurisées.
Le constat est particulièrement sévère concernant la situation des personnes déplacées. Plus de huit répondants sur dix (83,3 %) jugent que leur prise en charge a été insuffisante durant cette période. Par ailleurs, 78,3 % des participants estiment que l’autorité de l’État n’a pas été pleinement restaurée dans les zones affectées par les violences.
Au-delà des questions sécuritaires, l’enquête révèle également un déficit de confiance dans la gouvernance. Plus de la moitié des personnes interrogées (56,7 %) considèrent que le gouverneur militaire n’a pas suffisamment été à l’écoute des préoccupations de l’ensemble de la population iturienne. Au total, 71,7 % des répondants estiment qu’il n’a pas rempli de manière satisfaisante la mission qui lui avait été confiée dans le cadre de l’état de siège.
Toutefois, le bilan apparaît plus nuancé lorsqu’il est question des infrastructures. Près de 90 % des participants déclarent avoir observé une amélioration, légère ou significative, des routes, bâtiments publics ou autres équipements collectifs dans leur environnement. Soixante pour cent évaluent positivement les efforts entrepris dans ce domaine.
Les commentaires recueillis illustrent cette dualité. Plusieurs participants saluent les travaux de modernisation réalisés à Bunia, notamment en matière de voirie et d’aménagement urbain. D’autres regrettent toutefois que ces réalisations aient davantage bénéficié au chef-lieu provincial qu’aux territoires les plus touchés par l’insécurité.
Interrogés sur le changement intervenu à la tête de la province, 58,3 % des répondants estiment que le remplacement de Johnny Luboya était nécessaire, tandis que 41,7 % considèrent qu’il aurait dû poursuivre sa mission.
Au final, cette enquête dessine le portrait d’un mandat perçu comme contrasté : des avancées reconnues dans le développement des infrastructures, mais un jugement majoritairement critique sur les objectifs fondamentaux de l’état de siège, notamment le retour durable de la paix, la protection des populations civiles et la restauration effective de l’autorité de l’État.
MAMBASANEWS.CD, auteur de l’étude souligne néanmoins que ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Réalisée auprès d’un échantillon non probabiliste de 60 participants recrutés sur la base du volontariat via un questionnaire en ligne, l’enquête ne prétend pas refléter l’opinion de l’ensemble des habitants de l’Ituri. Elle offre cependant un éclairage sur les attentes, les frustrations et les espoirs exprimés par une partie des citoyens à un moment charnière de la gouvernance provinciale.
Alors qu’une nouvelle administration militaire prend ses fonctions, les résultats de cette consultation rappellent l’ampleur des défis qui persistent en Ituri et l’exigence, maintes fois exprimée par les populations, d’obtenir des réponses plus efficaces aux impératifs de sécurité, de cohésion sociale et de développement.
Rédaction

