Le procès opposant l’artiste congolais Fally Ipupa à la chroniqueuse et tiktokeuse Virginie Manganga s’est ouvert mercredi 30 septembre 2026 à la prison centrale de Makala, à Kinshasa. Détenue depuis le 20 septembre, Virginie Manganga est notamment poursuivie pour diffamation dans une affaire née de contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
Tout a commencé le 25 août, lorsque Virginie Manganga avait reçu Colette Tuzaa dans une émission diffusée sur YouTube. Cette dernière y avait formulé des accusations concernant notamment une relation présumée avec Fally Ipupa. Les déclarations ont ensuite largement circulé sur les réseaux sociaux.
Le 8 septembre, les avocats de Fally Ipupa ont annoncé des démarches judiciaires contre plusieurs personnes impliquées dans la diffusion ou le relais de ces contenus. Virginie Manganga a finalement été arrêtée le 20 septembre, avant d’être présentée au Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe et placée sous mandat d’arrêt provisoire.
À l’ouverture du procès, les avocats de Fally Ipupa ont défendu le droit au respect de la vie privée. Me Dorothée Madiya a assuré que leur démarche ne visait aucun privilège pour leur client en raison de sa célébrité, mais l’application d’un droit reconnu à tout citoyen.
« Le droit d’informer n’est pas le droit de tout publier », a notamment rappelé l’avocate, estimant que certains éléments relevant de la vie privée ne devraient pas devenir un objet de divertissement public.
Dans le camp opposé, des journalistes et organisations de défense de la liberté de la presse ont exprimé leur inquiétude face à la détention de Virginie Manganga. L’ACOFEPE lui a notamment apporté son soutien moral et psychologique, tandis que certains acteurs du secteur ont évoqué la possibilité d’une médiation.
L’affaire met ainsi face à face deux principes sensibles : la liberté de la presse et le droit à l’information d’un côté, la protection de la vie privée et de l’honneur de l’autre.
Au 2 octobre 2026, la procédure se poursuit. Les faits reprochés à Virginie Manganga demeurent des accusations et devront être examinés par la justice.
Ismaël Masiya Akilimali Bafoka
