Maître Guillaume Kabuyaya, Photo © Ismaël Akilimali
Par Maître Guillaume Kabuyaya, cadre du Conseil Territorial de la Jeunesse de Mambasa (CTJ-M)
- Contexte et constat
La lutte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola exige une mobilisation collective, une coordination efficace des interventions humanitaires et une prise en charge adéquate des personnes affectées.
Cependant, des préoccupations subsistent quant aux besoins de prise en charge des patients au Centre de Traitement Ebola (CTE) de Mambasa. Les besoins évoqués concernent notamment les médicaments, l’alimentation et d’autres moyens logistiques indispensables au bon fonctionnement du centre et au bien-être des patients.
Face à cette situation, il apparaît nécessaire de renforcer les mécanismes d’assistance afin de garantir une prise en charge digne, efficace et adaptée aux besoins des patients, tout en assurant un suivi approprié des personnes contacts, conformément aux protocoles sanitaires en vigueur.
La protection de la vie humaine doit demeurer au centre de toutes les interventions.
- Nos recommandations à OCHA et à la DPS
Au regard des défis évoqués, nous lançons un appel à OCHA, à la Division provinciale de la santé (DPS) ainsi qu’à l’ensemble des partenaires humanitaires pour que des mesures urgentes soient envisagées.
- Premièrement : renforcer le plaidoyer pour la mobilisation des financements.
Nous invitons OCHA et la DPS à intensifier leurs démarches auprès des bailleurs de fonds et des organisations humanitaires afin de mobiliser des ressources supplémentaires pour répondre aux besoins prioritaires des communautés affectées.
- Deuxièmement : identifier rapidement d’autres organisations partenaires.
Il serait important de procéder à une identification des organisations disposant de capacités et de programmes d’intervention adaptés aux besoins du CTE de Mambasa, afin de renforcer l’assistance aux patients, notamment en matière de médicaments, d’alimentation et de logistique.
Cette démarche permettrait de compléter les interventions des partenaires déjà présents, en tenant compte de leurs capacités opérationnelles et de leurs limites éventuelles.
- Troisièmement : promouvoir une réponse humanitaire inclusive et coordonnée.
Nous plaidons pour que l’accès aux interventions humanitaires ne soit pas limité par une concentration excessive des responsabilités entre un nombre restreint d’acteurs. Une coordination ouverte, transparente et efficace devrait permettre à toute organisation qualifiée, disposant des moyens nécessaires et respectant les protocoles sanitaires, de contribuer à la réponse selon son domaine de compétence.
- Quatrièmement : faciliter l’intervention des organisations selon leurs domaines d’expertise.
Les partenaires disposant de ressources en médicaments, en alimentation, en équipements ou en autres formes d’assistance devraient pouvoir contribuer à la réponse, dans le respect des procédures de coordination humanitaire et des exigences de prévention et de contrôle des infections.
L’objectif n’est pas de créer une concurrence entre les organisations, mais de favoriser la complémentarité des interventions pour mieux répondre aux besoins des patients.
- Appel au gouvernement congolais
Nous encourageons également le gouvernement de la République démocratique du Congo à renforcer son engagement dans la lutte contre la maladie à virus Ebola, notamment en veillant à une mobilisation efficace des ressources, à leur gestion transparente et à leur affectation en fonction des besoins prioritaires.
Une collaboration étroite entre les autorités sanitaires, les partenaires humanitaires, les bailleurs de fonds et les représentants communautaires est indispensable pour améliorer la réponse à l’épidémie.
La transparence dans la gestion des financements, la redevabilité des intervenants et le suivi régulier des besoins doivent constituer des priorités afin que les ressources mobilisées contribuent effectivement à la protection des populations.
- Conclusion : la vie humaine avant tout
La lutte contre Ebola ne peut être efficace sans une prise en charge appropriée des patients et une mobilisation coordonnée de toutes les compétences disponibles.
C’est pourquoi nous appelons OCHA, la DPS, le gouvernement congolais et l’ensemble des partenaires humanitaires à examiner avec diligence les besoins du CTE de Mambasa et à prendre les mesures nécessaires pour renforcer l’assistance.
Nous réaffirmons que la solidarité, la transparence, la complémentarité et la responsabilité collective doivent guider toutes les interventions.
Chaque vie humaine compte. La réponse à Ebola doit être à la hauteur des besoins des communautés de Mambasa.
Maître Guillaume Kabuyaya
Cadre du Conseil Territorial de la Jeunesse de Mambasa (CTJ-M)
