À Mambasa-centre, province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, la matinée de ce samedi 08 août est marquée par une forte affluence de populations déplacées. Plusieurs milliers de personnes arrivent depuis différents villages de l’axe Mambasa-Kisangani, après une incursion attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées, les ADF, dans la nuit de vendredi à samedi.
L’attaque s’est produite à Banana École, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Mambasa-centre, dans la chefferie de Babila Babombi. Selon un premier bilan provisoire communiqué par la société civile locale à la presse, au moins 13 personnes auraient été tuées. Deux véhicules de type Actros auraient également été incendiés et plusieurs boutiques calcinées.
Au lendemain de cette attaque, les routes menant vers Mambasa-centre sont particulièrement animées. Des motos, des triporteurs et des véhicules transportant des familles fuyant les villages de l’axe convergent vers le chef-lieu du territoire.
Dans les rues de Mambasa, cette arrivée massive de déplacés se fait dans un climat de grande inquiétude. Plusieurs commerces ont gardé leurs portes fermées par précaution. La circulation est inhabituelle, avec un important mouvement de personnes qui cherchent avant tout à se mettre à l’abri.
Pour de nombreux habitants, Mambasa-centre apparaît une nouvelle fois comme un refuge face à la progression des violences dans les zones périphériques. Les précédentes attaques attribuées aux ADF dans le territoire ont déjà provoqué des déplacements de populations et perturbé les activités économiques et scolaires.
Dans la chefferie de Babila Babombi, la situation sécuritaire reste particulièrement préoccupante. Au début du mois d’août, des organisations de la société civile avaient déjà organisé des journées de protestation pour dénoncer la multiplication des attaques attribuées aux ADF et réclamer davantage de protection pour les populations.
Ce samedi matin, l’heure est donc à l’accueil des déplacés et à l’évaluation des dégâts. Le bilan de 13 morts reste provisoire et pourrait encore évoluer. Les autorités sécuritaires ne se sont pas encore officiellement prononcées sur l’ampleur exacte des pertes humaines et matérielles liées à cette nouvelle incursion.
À Mambasa-centre, la population redoute surtout que les violences se rapprochent davantage du cœur du territoire et que l’afflux de déplacés ne vienne aggraver une situation humanitaire déjà fragile.
Rédaction

