Héritier Bunapey, Président du Conseil local de la jeunesse des Bandaka (Territoire de Mambasa)
La jeunesse de Niania, de la chefferie de Bandaka et de Bombo dénonce des pratiques de recrutement qu’elle estime discriminatoires de la part de certaines organisations non gouvernementales (ONG) intervenant dans le cadre de la riposte contre l’épidémie d’Ebola à Niania.
Dans un communiqué d’alerte numéroté 01/CLJ-B/2026, le président du Comité local de la jeunesse de Bandaka (CLJ-B), Héritier Bunapey, fait état de préoccupations concernant la place accordée à la main-d’œuvre locale dans les activités menées par les organisations partenaires de la riposte.
Selon ce communiqué, certaines ONG privilégieraient le recrutement de travailleurs venus d’autres localités, au détriment des jeunes de Niania et des chefferies environnantes. Le comité déplore également un manque de transparence dans la publication des offres d’emploi et évoque des pratiques de favoritisme et de communautarisme dans les processus de recrutement.
La jeunesse réclame une participation accrue à la riposte
Les signataires du document estiment que les jeunes des communautés directement concernées par l’épidémie devraient être davantage associés aux activités de riposte, notamment à travers des possibilités d’emploi et une participation active aux interventions sur le terrain.
Pour le comité, l’implication de la jeunesse locale représente à la fois un moyen de soutenir les efforts de lutte contre Ebola et une opportunité de contribuer à l’amélioration des conditions socio-économiques des familles de la région.
Le communiqué souligne également que la mobilisation des jeunes ne devrait pas se limiter aux actions de sensibilisation visant à prévenir les manifestations contre l’arrivée des ONG, mais devrait aussi leur permettre de participer concrètement aux activités de réponse à l’épidémie.
Des exigences adressées aux ONG et aux autorités locales
Face à ces préoccupations, le Comité local de la jeunesse de Bandaka formule plusieurs demandes. Il appelle les ONG intervenant à Niania à garantir davantage de transparence dans leurs procédures de recrutement et à publier clairement les offres d’emploi disponibles.
Le comité propose par ailleurs que, dès les prochaines offres, les candidatures soient déposées et centralisées auprès des autorités coutumières des chefferies de Bandaka et de Bombo, ainsi qu’au centre de Niania, afin de faciliter l’accès des jeunes locaux aux opportunités professionnelles.
Cette proposition est présentée comme un moyen de renforcer la participation des communautés locales au processus de recrutement. Sa mise en œuvre nécessiterait toutefois une concertation avec les ONG concernées afin de garantir des procédures transparentes et conformes aux critères de sélection établis.
Un appel aux autorités et aux partenaires de la riposte
Le communiqué est adressé notamment à la coordination de la riposte contre Ebola à Niania, à l’administrateur du territoire de Mambasa, aux chefs des chefferies de Bandaka et de Bombo, au médecin chef de zone de Niania ainsi qu’aux ONG partenaires.
Le Comité local de la jeunesse de Bandaka avertit que le non-respect de ses revendications pourrait entraîner des réactions de la communauté, sans préciser les formes que celles-ci pourraient prendre.
À ce stade, le communiqué ne présente pas les réponses des ONG mises en cause ni celles des autorités concernées. Les allégations relatives aux pratiques de recrutement restent donc à confronter aux explications des organisations visées.
À travers cette prise de position, la jeunesse de Niania, de Bandaka et de Bombo entend attirer l’attention des acteurs de la riposte sur la question de l’emploi local et plaide pour un processus de recrutement plus transparent, équitable et inclusif.
Rédaction
