Lieutenant-Général Johnny Luboya Nkashama
La gestion de l’administration militaire en Ituri est au cœur d’une vive polémique financière. Le député national Jefferson Abdallah Penembaka, élu du territoire de Mambasa et ancien gouverneur de la province, accuse l’administration du lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama d’avoir laissé un passif estimé à 45 millions de dollars.
« Le Lieutenant-général Luboya lègue une dette colossale de 45 millions de dollars à la Province de l’Ituri. Vivement un audit de cette gestion calamiteuse », a-t-il fait savoir mardi 25 août à Mambasanews.cd. Un chiffre qui, s’il était confirmé, soulèverait de sérieuses questions sur la gestion des finances provinciales.
Face à ces accusations, Jefferson Abdallah Penembaka réclame un audit financier indépendant afin de déterminer l’origine et la nature exacte de cette dette. À quoi correspondent ces 45 millions de dollars ? S’agit-il d’arriérés envers des fournisseurs, d’engagements financiers, de contrats ou d’autres charges accumulées par l’administration provinciale ?
Pour l’heure, ce montant repose sur la déclaration du député national et doit être vérifié par les documents comptables et les instances de contrôle compétentes. Il ne permet pas, à lui seul, d’établir l’existence d’un détournement ou d’une infraction.
Cette polémique intervient alors que le général-major Gaby Kasongo Mulumba est désormais à la tête de l’Ituri. Jefferson Abdallah Penembaka a par ailleurs félicité le chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour avoir mis fin à la gestion de Johnny Luboya à la tête de la province, estimant que cette décision permet de « fermer la parenthèse Luboya ». Le député appelle désormais à faire toute la lumière sur la gestion financière de la période précédente, alors que la nouvelle administration est confrontée à d’importants défis sécuritaires et de gouvernance.
Si le passif de 45 millions de dollars est confirmé, les autorités devront en établir l’origine, les engagements concernés et les conditions dans lesquelles cette dette a été accumulée. S’il est infirmé ou révisé, les chiffres officiels devront permettre de rétablir les faits. Pour Jefferson Abdallah Penembaka, l’heure est donc à l’audit et à la transparence. Avec l’arrivée de Gaby Kasongo Mulumba, le dossier financier de l’administration Luboya pourrait ainsi devenir l’un des premiers tests de la nouvelle gouvernance en Ituri.
Rédaction
