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Le marché de Tokobika est en pleine effervescence. Les vendeuses interpellent les passants, les enfants courent entre les étals, tandis que les commerçants négocient leurs marchandises. À l’écart, Kasimu et Igwe observent la foule.
Kasimu (bras croisés, sourire moqueur) :
- « Regarde ce marché, Igwe. Tokobika prospère grâce au commerce. Ces histoires de maladie ne sont que des rumeurs destinées à faire peur aux gens. »
Igwe (le regard grave) :
- « Les rumeurs peuvent être fausses… mais les malades, eux, sont bien réels. Un chef ne peut pas fermer les yeux quand la vie de son peuple est en danger. »
Dans l’église, Pasteur Yosua prépare son message. Sa Bible est ouverte devant lui.
Pasteur Yosua (à voix basse) :
- « Seigneur, donne-nous la sagesse. Que notre foi nous donne le courage d’agir avec responsabilité et d’aider ceux qui souffrent. »
Un cri retentit sur la place du marché.
Une femme s’effondre au sol. Elle tremble de fièvre et saigne du nez. Les habitants reculent, effrayés. Quelques-uns veulent l’aider, d’autres hésitent.
Bibisha (accourant, paniquée) :
- « Docteur Amisi ! Venez vite ! Elle a une forte fièvre… elle saigne ! »
Le Docteur Amisi arrive en courant avec sa trousse médicale.
Après un examen, son visage devient sérieux.
Amisi :
- « Ces signes sont compatibles avec Ebola. Nous devons agir immédiatement. Bibisha, évite tout contact direct, protège-toi autant que possible et aide-moi à l’isoler. Quelqu’un, allez prévenir le chef Igwe. »
Le silence tombe sur le marché.
Sous l’arbre à palabres, les habitants se rassemblent. L’inquiétude se lit sur tous les visages.
Amisi (calme et ferme) :
- « Écoutez-moi. Ebola n’est ni une malédiction ni une punition. C’est une maladie causée par un virus. Elle se transmet par contact avec le sang ou d’autres liquides corporels d’une personne malade. Plus nous agissons tôt, plus nous pouvons protéger nos familles. »
Un murmure traverse la foule.
Mado (levant son bâton traditionnel) :
- « Depuis des générations, nos ancêtres nous ont appris à soigner les malades avec nos rites. Pourquoi devrions-nous abandonner ce qui a toujours fait notre force ? »
Amisi :
- « Nos traditions méritent le respect. Mais lorsqu’une maladie aussi dangereuse apparaît, nous devons utiliser les moyens qui sauvent des vies. »
Le Pasteur Yosua s’avance.
Pasteur Yosua :
- « Frères et sœurs, prions ensemble pour les malades. Mais souvenons-nous aussi que protéger la vie est un devoir. Aidons les soignants et suivons les mesures qui empêchent la maladie de se propager. »
Les habitants échangent des regards. Certains acquiescent, d’autres restent sceptiques.
Igwe (frappant son bâton au sol) :
- « Assez ! Nous voulons tous protéger notre village. Nous écouterons les conseils des soignants et nous resterons unis. Sans unité, Tokobika ne survivra pas. »
Malgré ses paroles, la foule se divise. Les discussions deviennent de plus en plus vives.
La nuit tombe.
Depuis sa fenêtre, Milka aperçoit une silhouette qui quitte discrètement le village. C’est un homme malade, un sac sur l’épaule.
Elle rejoint son ami Bingwa.
Milka (à voix basse) :
- « Regarde… cet homme est malade. Il prend la route d’Imara. Si personne ne l’arrête, il risque de contaminer d’autres personnes. Que devons-nous faire ? »
Bingwa (hésitant) :
- « Si nous donnons l’alerte, certains diront que nous semons la panique. Mais si nous gardons le silence… les conséquences pourraient être bien pires. »
Au loin, le malade chancelle puis s’écroule au bord du chemin.
Une silhouette encapuchonnée s’approche lentement.
Voix mystérieuse (hors champ) :
- « Viens… Je connais un endroit où tu seras guéri. Suis-moi… »
L’homme, affaibli, se relève difficilement et disparaît dans l’obscurité avec l’inconnu.
Au loin, un chien se met à aboyer.
Fondu au noir.

