Trois semaines après les attaques qui ont touché plusieurs villages du groupement Babombi, dans la chefferie des Babila Babombi, en territoire de Mambasa (Ituri), les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) renforcent leur présence sur l’axe menant vers Kisangani, chef-lieu de la Tshopo.
Ce lundi 24 août, le commandant de la 31e brigade de défense principale des FARDC, basée à Mambasa, le colonel Issa Abdoul Karim, s’est rendu sur cet axe avec la presse. Une descente destinée à constater la situation sur le terrain et à renforcer la présence militaire dans une zone encore marquée par les récentes violences.
À Banana, situé à environ 25 kilomètres de Mambasa-centre, la reprise des activités reste timide. Même constat à Bandisende, à quelque 45 kilomètres sur le même axe. Les habitants commencent toutefois à regagner leurs maisons, rassurés par la présence des militaires.
« Je suis rentré dans mon village »
Le chef de localité de Banana, Ekitie Mbala Joseph, alias Nicolas, fait partie de ceux qui ont choisi de rentrer.
« Je suis rentré dans mon village. Je suis ici avec des militaires qui protègent le village », témoigne-t-il, avant de lancer un appel à ceux qui sont encore déplacés : « Je demande à la population de regagner le village. »
Pour les autorités locales, le retour des habitants constitue une étape importante pour permettre la reprise de la vie sociale et économique.
Mais à Bandisende, la sécurité n’est pas la seule préoccupation.
Le réseau téléphonique, autre urgence
Kambale Mawa Mastaki, habitant de Bandisende, plaide pour le rétablissement du réseau de téléphonie mobile. Dans cette localité, l’absence de communication complique fortement les échanges avec les familles, les autorités et les autres communautés.
Le chef du groupement Babombi, Fayala Ndufi Jean, insiste lui aussi sur cette difficulté. Il demande notamment le retour des services de Vodacom, estimant que l’absence de réseau constitue un sérieux problème pour la population.
« La communication pose problème à Bandisende », fait-il savoir.
Selon lui, certaines maisons restent encore vides, signe que le retour à la normale est loin d’être complet. Il salue néanmoins la présence des FARDC et encourage les habitants à revenir occuper leurs maisons, leurs espaces et leurs champs.

« On souffrait lors de notre déplacement »
À Bandisende, certains habitants commencent déjà à reprendre leurs activités. Mugisho Jean, tenancier d’une buvette, affirme avoir décidé de rentrer après avoir constaté la présence des militaires.
« Je suis de retour car il y a des militaires. On souffrait lors de notre déplacement », explique-t-il.
Il appelle les autres habitants à suivre le mouvement, estimant que les renforts militaires constituent un signal encourageant.
« Que les autres emboîtent le pas. Des renforts viennent. Nous sommes là avec le chef du groupement et celui du village », ajoute-t-il.
Un sentiment partagé par Katsuva Mathe, qui reconnaît une amélioration, même si la situation demeure fragile.
« Nous avons un peu de sécurité, nous sommes là avec les militaires. Qu’ils reviennent », lance-t-il à l’endroit des habitants encore absents.
Le retour de la population, clé de la renaissance de Babombi
Trois semaines après les attaques, le retour progressif des habitants à Banana et Bandisende redonne vie aux villages. Le rétablissement du réseau téléphonique est également attendu pour faciliter les échanges et rassurer les familles.
Pour les habitants, la présence renforcée des FARDC constitue un premier pas important. Le retour de la population reste désormais essentiel pour relancer durablement la vie sociale et économique dans le groupement Babombi.
Albertine Amboko

