Thème : La peur est parfois plus contagieuse que la maladie.
Ecouter en audio⤵
Une légère brume enveloppe le village. Les commerçants installent leurs étals, mais personne ne parle de récoltes. Les conversations tournent autour de la mystérieuse maladie.
Suzana (à voix basse, inquiète) :
- « On raconte que ceux qui entrent à l’hôpital n’en ressortent jamais… On dit même que les corps sont enterrés sans que les familles puissent leur dire adieu. »
Une femme laisse tomber son panier.
Voisine (regardant autour d’elle) :
- « Mon cousin d’Imara affirme qu’ils enferment les malades comme des criminels. »
Des murmures parcourent la foule.
Bibisha, qui passe avec son sac médical, s’arrête.
Bibisha (calme mais déterminée) :
- « Écoutez-moi. Ce sont de fausses informations. L’hôpital est là pour sauver des vies. Plus une personne reçoit des soins tôt, plus elle a de chances de guérir. »
Personne ne répond.
Les habitants baissent les yeux puis s’éloignent lentement.
Bibisha reste seule, profondément découragée.
Autour d’une table improvisée sont réunis Igwe, Docteur Amisi et Simba.
Une carte du territoire est étalée devant eux.
Amisi :
- « Cette nuit, un malade a quitté Tokobika pour rejoindre Imara. »
Un silence s’installe.
- « Si le virus atteint d’autres villages, nous risquons une épidémie régionale. »
Simba serre les poings.
Simba :
- « Je peux faire surveiller les routes, mais nous manquons d’agents, de véhicules et de matériel. »
Igwe observe les villageois au loin.
Igwe :
- « Le peuple n’écoute plus parce qu’il a peur. Nous devons d’abord regagner sa confiance. »
Le vent soulève les feuilles de l’arbre.
Les trois hommes comprennent que le temps leur échappe.
L’église est pleine.
Le pasteur Yosua prêche avec passion.
Yosua :
- « N’abandonnez pas votre foi ! La peur est l’arme du mal. Dieu protège ceux qui lui font confiance. »
La foule applaudit.
À quelques mètres, Dorika, son épouse, paraît troublée.
Elle s’approche discrètement.
Dorika (doucement) :
- « Et si le docteur disait vrai ? Et si cette maladie était réellement causée par un virus ? »
Le pasteur secoue la tête.
Yosua :
- « Les hommes cherchent toujours une explication scientifique quand ils oublient Dieu. »
Bibisha, présente parmi les fidèles, laisse couler une larme.
Elle quitte silencieusement l’église.
Dorika la regarde partir, partagée entre sa foi et ses doutes.
Le malade fugitif arrive, épuisé.
Il est accueilli par un guérisseur traditionnel.
Autour d’eux, plusieurs habitants observent la scène.
Le guérisseur prépare une infusion de plantes.
Guérisseur :
- « Bois ceci. Les ancêtres te redonneront des forces. »
Le malade boit difficilement.
Quelques secondes plus tard, une violente quinte de toux le secoue.
Du sang apparaît sur son mouchoir.
Les enfants présents reculent avec effroi.
Le guérisseur hésite.
Guérisseur :
- « Ne l’approchez pas… mais veillez sur lui. »
Deux disciples restent malgré tout à ses côtés.
Le lendemain
Les deux disciples présentent les mêmes symptômes : forte fièvre, fatigue intense, toux persistante.
Le guérisseur comprend que quelque chose lui échappe.
Son regard laisse transparaître la peur.
La maladie vient de franchir les frontières de Tokobika.
Une radio grésille.
Voix à la radio
- « Docteur Amisi… Ici l’hôpital d’Imara. Nous avons enregistré trois nouveaux cas suspects. Tous ont été en contact avec une personne venant de Tokobika. »
Le visage d’Amisi se fige.
Bibisha comprend immédiatement la gravité de la situation.
Igwe reste immobile.
Après quelques secondes, Amisi murmure :
Amisi :
- « C’est arrivé… »
Puis, plus fermement :
- « Nous devons isoler Tokobika immédiatement. »
Igwe ferme lentement les yeux.
Igwe :
- « Et si notre peuple refuse ?»
Amisi le regarde avec gravité.
Amisi :
- « Alors nous risquons de perdre bien plus qu’un village. »
Un silence pesant envahit la pièce.
Au poste de sécurité, le téléphone de Simba sonne.
Il décroche.
Une voix essoufflée annonce :
- « Commandant… un corps vient d’être découvert près de la limite d’Imara. »
Le visage de Simba se fige.

