Des allégations d’arrestation arbitraire des civils dans le village de Bapela dans la chefferie des Walese Karo, territoire de Mambasa (Ituri) ont donné lieu jeudi 23 juillet à des versions contradictoires entre le porte-parole adjoint de la communauté locale des Walese-Karo et des responsables de la Réserve de faune à okapis (RFO).
Dans une déclaration accordée à MAMBASANEWS.CD, Vincent Lombo, qui s’est présenté comme « porte-parole adjoint de la communauté locale des Walese-Karo », a affirmé que huit (8) habitants du village Bapela avaient été interpellés vers 8 heures du matin par des éco-gardes, accompagnés de militaires, alors qu’ils se rendaient vers un site d’exploitation artisanale.
Selon lui, les personnes concernées auraient été emmenées de force. Il a également soutenu qu’un des huit interpellés se serait échappé, tout en affirmant qu’il n’avait pas encore regagné son village au moment de son intervention.
Le même intervenant a accusé les éco-gardes de commettre des exactions contre les populations locales, évoquant notamment des cas antérieurs de violences, et a appelé les autorités territoriales, provinciales et nationales à intervenir. Il a déclaré que sa communauté revendiquait ses droits « pacifiquement » et a demandé une résolution du différend foncier opposant, selon lui, les populations locales à la Réserve de faune à okapis.
Contactées à la suite de ces déclarations, des sources au sein de la Réserve de faune à okapis ont contesté cette version des faits.
Elles ont indiqué que les personnes interpellées étaient, des miliciens opérant illégalement dans l’aire protégée.
« Nous interpellons des miliciens et les transférons vers les instances judiciaires pour que la justice dise le droit », a déclaré sous l’anonymat une source.
Elle a également remis en cause la qualité de l’intervenant, affirmant que la RFO entretient « des relations privilégiées avec la chefferie de Walese-Karo » et s’interrogeant sur la légitimité de celui qui s’est présenté comme représentant communautaire.
La Réserve de faune à okapis, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est régulièrement confrontée à des incursions des braconniers et à l’exploitation minière artisanale illégale, une situation qui alimente des tensions récurrentes avec certaines communautés riveraines.
MAMBASANEWS.CD n’a pas été en mesure de vérifier de façon indépendante les circonstances exactes des interpellations signalées ni le statut des personnes concernées. Aucune communication officielle des autorités n’était disponible quand nous redigions cet article.
M.A.B.I

