Un groupe de 22 sénateurs américains a exhorté l’administration Trump à abandonner tout projet visant à transférer des réfugiés afghans vers la République démocratique du Congo (RDC), avertissant que cette mesure pourrait mettre en danger d’anciens alliés ayant soutenu les forces américaines pendant la guerre en Afghanistan.
Dans une lettre datée du 28 avril adressée au secrétaire d’État Marco Rubio, les sénateurs ont exprimé une « profonde alarme » suite aux informations selon lesquelles plus de 1 000 ressortissants afghans actuellement au Qatar pourraient être relocalisés en RDC.
Une trahison des alliés
Les législateurs parmi lesquels figurent Richard Blumenthal, Dick Durbin, Tim Kaine, John Hickenlooper, Ruben Gallego, John Fetterman, Raphael Warnock et Chris Coons ont souligné que bon nombre des personnes concernées ont travaillé aux côtés des troupes américaines en tant qu’interprètes, personnel des opérations spéciales ou personnel de soutien.
Ils ont averti que les relocaliser en RDC, un pays lui-même confronté à une crise humanitaire majeure, constituerait une « trahison cruelle et imprudente ».
« Si l’administration devait poursuivre ces négociations… cela constituerait l’une des trahisons les plus cruelles et les plus imprudentes de l’histoire de notre nation », ont écrit les sénateurs.
Un « faux choix » pour les réfugiés
La lettre précise que de nombreux réfugiés afghans actuellement à Doha ont fait l’objet de contrôles de sécurité approfondis au cours des deux dernières décennies. Ils avaient reçu la promesse d’une mise en sécurité via les programmes de réinstallation américains après la prise de pouvoir des talibans en 2021.
Au lieu de cela, les sénateurs affirment qu’ils sont désormais confrontés à un « faux choix » : Retourner en Afghanistan, où ils risquent la persécution.
Être envoyés dans un pays aux prises avec des conflits, des déplacements de population et des défis humanitaires.
Contexte et situation humanitaire
Actuellement, plus de 1 100 Afghans sont toujours dans l’incertitude au camp As Sayliyah au Qatar. Interrogé la semaine dernière sur ce projet de relocalisation, le président Donald Trump a déclaré qu’il n’en était pas informé : « Je ne sais pas. Je dois vérifier cela », a-t-il affirmé.
Les sénateurs ont cité les évaluations des Nations Unies décrivant la RDC comme l’une des crises de déplacement les plus complexes au monde, avec des millions de personnes touchées par la violence armée, la faim et les maladies.
Conclusion des sénateurs
Dans une publication sur X (anciennement Twitter), le sénateur Blumenthal a déclaré que cette proposition reviendrait à « rompre la promesse de l’Amérique envers ses alliés afghans ».
Les législateurs demandent instamment à l’administration de cesser toute négociation menant à un transfert involontaire et de respecter les engagements pris envers ceux qui ont soutenu les missions américaines. À ce jour, le Département d’État n’a pas confirmé publiquement l’existence d’un tel plan de relocalisation vers la RDC.
M.A.B.I
