Niania, province de l’Ituri — Les agents des piliers Surveillance, Communication des risques et engagement communautaire (CREC), ainsi que Prévention et contrôle des infections (PCI), engagés dans la riposte contre la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), ont annoncé une grève sèche, générale et illimitée à compter du jeudi 22 octobre 2026. Ils réclament le paiement intégral de leurs primes pour les mois d’août et de septembre 2026.
Dans une déclaration rendue publique à Niania, les agents dénoncent le retard persistant dans le versement de leurs rémunérations, malgré plusieurs démarches entreprises auprès de la coordination de la riposte et des partenaires impliqués dans la réponse à l’épidémie.
Plusieurs démarches restées sans réponse favorable
Selon le collectif des agents pétitionnaires, une première réclamation avait été adressée à la hiérarchie le 2 octobre 2026, à la suite d’un entretien entre les représentants des trois piliers et le coordonnateur de la riposte. Faute de solution, les agents avaient ensuite transmis, le 5 octobre, un ultimatum annonçant la cessation de leurs activités.
Le mouvement de protestation avait été annoncé pour les 10 et 11 octobre. Le 11 octobre, des échanges organisés avec des représentants d’Africa CDC et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avaient conduit les agents à suspendre temporairement leur mouvement, afin de donner à la hiérarchie le temps nécessaire pour répondre à leurs revendications.
Cette suspension, présentée comme une mesure provisoire d’apaisement, n’a toutefois pas permis de débloquer la situation. À l’expiration du délai accordé, le collectif affirme qu’aucune solution concrète n’avait été trouvée.
Des inégalités de paiement dénoncées
Au cœur du différend figure également ce que les agents considèrent comme une inégalité de traitement entre les différents piliers de la riposte. Selon leur déclaration, d’autres équipes engagées dans la même réponse sanitaire auraient déjà bénéficié de deux mois de paiement, tandis que les agents de la Surveillance, du CREC et de la PCI attendraient toujours le règlement de leurs primes.
« Il nous semble illogique et inadmissible que certains piliers soient payés au détriment d’autres », déplorent-ils, appelant les autorités gouvernementales et les partenaires techniques et financiers à intervenir pour rétablir une situation qu’ils jugent injuste.
Les signataires soulignent par ailleurs que leurs équipes continuent d’exercer leurs fonctions dans un contexte de risques sanitaires importants, alors qu’elles affirment ne pas avoir perçu les primes attendues pour les deux mois concernés.
Toutes les activités concernées suspendues
Dans leur déclaration, les agents annoncent la suspension de l’ensemble des activités relevant de leurs trois piliers dans la zone de santé rurale de Niania, et ce jusqu’au paiement intégral des primes réclamées.
Le collectif prévient également que des mesures plus radicales pourraient être envisagées si aucune suite favorable n’est donnée à ses revendications.
Cette décision ouvre une nouvelle phase de tension entre les agents concernés, la coordination de la riposte et les partenaires impliqués dans la lutte contre Ebola. Elle soulève aussi des interrogations sur la continuité des activités de surveillance épidémiologique, de communication avec les communautés et de prévention et contrôle des infections, qui constituent des composantes essentielles de la réponse sanitaire.
À ce stade, la déclaration des agents ne fait état d’aucun accord sur le règlement des arriérés. Aucune réaction officielle de la coordination de la riposte, des autorités sanitaires ou des partenaires cités n’est rapportée dans le document à l’origine de cette information.
Le collectif des agents pétitionnaires, qui a signé la déclaration à Niania le 22 octobre 2026, maintient ainsi sa principale exigence : le paiement intégral des primes dues avant toute reprise des activités.
La question reste désormais de savoir dans quels délais les autorités et les partenaires concernés pourront apporter une réponse à cette revendication, alors que la continuité des interventions de terrain demeure un enjeu important dans la lutte contre la maladie à virus Ebola en RDC.
Rédaction
