La controverse se poursuit en République démocratique du Congo autour de l’initiative de dialogue annoncée par le président Félix Tshisekedi. Réunis à Kinshasa, plusieurs responsables de l’opposition regroupés au sein du Cadre de Concertation des forces politiques et sociales, membre du mouvement Sauvons la RDC, ont rejeté l’initiative présidentielle, qu’ils considèrent comme insuffisamment inclusive.
Réuni vendredi 28 août à son secrétariat technique de Kasa-Vubu, le Cadre de Concertation a consacré ses travaux à la situation politique, sécuritaire, sanitaire et sociale du pays. Dans une déclaration publiée à l’issue de la réunion, ses responsables ont contesté la démarche engagée par le chef de l’État après son annonce du 27 août concernant la convocation d’un congrès de l’Union sacrée, sa plateforme politique, présenté par le pouvoir comme une étape vers un dialogue national.
Le Cadre de Concertation estime que cette initiative ne réunit pas, à ce stade, les conditions d’un dialogue crédible. Il dénonce notamment l’absence d’inclusivité, de neutralité et de garanties de crédibilité. Selon ses responsables, la démarche présidentielle pourrait, à terme, servir de cadre à une modification de la Constitution et permettre au président Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir au-delà de la fin de son mandat.
Ces accusations sont formulées alors que le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC s’intensifie à l’approche de 2028, année prévue pour la prochaine échéance présidentielle. Le pouvoir n’a, dans l’initiative annoncée, pas présenté de projet de modification de la Constitution permettant au chef de l’État de briguer un nouveau mandat.
L’opposition réclame un dialogue plus inclusif
La position exprimée par le Cadre de Concertation rejoint celle de la coalition d’opposition C64, qui a également rejeté les consultations annoncées par Félix Tshisekedi.
Selon la C64, les consultations ne répondent pas aux principales urgences du pays, notamment la guerre dans l’est, l’insécurité et les difficultés sociales. La coalition ne ferme toutefois pas la porte au principe d’un dialogue national, à condition que celui-ci soit « pleinement inclusif ».
Elle souhaite notamment la participation de représentants du pouvoir, de l’opposition, de la société civile, de la diaspora, mais également de l’AFC-M23 et de l’ancien président Joseph Kabila. La coalition demande par ailleurs que les Églises catholique et du Christ au Congo jouent un rôle de médiation.
La C64 a également réitéré son appel à une manifestation nationale prévue le 15 septembre pour protester contre ce qu’elle considère comme des manœuvres visant à maintenir le pouvoir en place.
Vers une convergence de l’opposition
Face à cette accumulation de crises, le Cadre de Concertation appelle les différentes composantes de l’opposition à dépasser leurs divisions et à coordonner leurs actions.
L’objectif affiché est de défendre la Constitution, de s’opposer à toute tentative de prolongation du pouvoir présidentiel et de favoriser une alternance politique en 2028.
Ismaël Masiya Akilimali Bafoka
