Dans un contexte où les divisions identitaires continuent de fragiliser le tissu social dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, Djuma Tokwalo Jimmy, expert junior en sensibilité au conflit et résilience communautaire, lance ce mardi 30 juin, un appel à la jeunesse de Mambasa, dans la province de l’Ituri, afin de faire de l’unité un véritable levier de développement plutôt qu’un simple idéal.
À Mambasa, territoire marqué par sa diversité culturelle et ethnique, cohabitent plusieurs communautés. Cette richesse constitue un patrimoine précieux. Pourtant, elle est parfois instrumentalisée par des discours tribalistes qui opposent les populations au lieu de les rassembler.
Selon l’Expert junior en sensibilité au conflit et résilience communautaire, le tribalisme demeure l’un des principaux obstacles à la cohésion sociale. En opposant les communautés, il nourrit la méfiance, affaiblit les initiatives collectives et détourne l’attention des véritables priorités que sont l’emploi, l’éducation, la sécurité et le développement.
« Une société divisée est plus facile à manipuler. Lorsque les jeunes se définissent d’abord par leur appartenance tribale plutôt que par leur volonté de construire leur territoire, ils deviennent vulnérables aux intérêts politiques ou personnels qui ne servent pas le bien commun », affirme Djuma Tokwalo Jimmy.
Le tribalisme, un frein au développement de Mambasa
Pour Djuma Tokwalo Jimmy, les conséquences du tribalisme dépassent largement le cadre des tensions sociales. Elles touchent également le développement économique du territoire. Aucun espace ne peut espérer attirer durablement des investissements, améliorer ses infrastructures, renforcer son système éducatif ou développer ses marchés lorsque les divisions identitaires prennent le pas sur la coopération.
L’expert junior en sensibilité au conflit et résilience communautaire rappelle qu’aucune communauté, à elle seule, n’a construit un territoire prospère. Selon lui, le développement de Mambasa repose avant tout sur la capacité de ses habitants à travailler ensemble, quelles que soient leurs origines.
Des initiatives pour renforcer la cohésion entre les jeunes
Face à cette réalité, Djuma Tokwalo Jimmy propose plusieurs pistes pour renforcer la cohésion entre les jeunes de Mambasa.
La première consiste à créer des espaces de rencontre où l’identité de « jeune Mambassien » prime sur les appartenances communautaires. Des clubs sportifs, des initiatives de santé communautaire ou encore un club « Jeunes Leaders de Mambasa », se réunissant régulièrement à l’Espace Office de Route, pourraient devenir des cadres de dialogue et d’action collective. Des activités telles que le reboisement, les travaux communautaires ou les campagnes de sensibilisation favoriseraient une collaboration durable entre les jeunes.
La deuxième proposition met l’accent sur la connaissance mutuelle. L’organisation de journées de partage permettrait à chaque communauté de présenter son patrimoine culturel, ses idées de développement, sa gastronomie ou encore ses initiatives locales. Pour Djuma Tokwalo Jimmy, mieux connaître l’autre contribue à faire reculer les préjugés et à renforcer le respect mutuel. Il encourage également les jeunes leaders issus des différentes communautés à porter ensemble un message de paix, de solidarité et de responsabilité.
Enfin, Djuma Tokwalo Jimmy, expert junior en sensibilité au conflit et résilience communautaire, invite la jeunesse à placer l’intérêt général de Mambasa au-dessus de toute considération identitaire. À travers un « Pacte de la jeunesse », chacun pourrait s’engager à rejeter les discours de haine et à promouvoir des valeurs communes fondées sur l’emploi, l’éducation, la paix et le développement. Il estime également que les jeunes doivent dénoncer les propos tribalistes, que ce soit à l’école, dans les quartiers ou sur les réseaux sociaux, afin de promouvoir une culture du dialogue.
Pour lui, la nouvelle génération détient une responsabilité historique. Les différences héritées du passé ne doivent plus être perçues comme des facteurs de division, mais comme des atouts capables de renforcer la résilience et le développement du territoire.
Le développement de Mambasa-Centre, de Biakato, de Nia-Nia et de l’ensemble du territoire dépendra, selon lui, de la capacité de sa jeunesse à agir collectivement, au-delà des appartenances communautaires.
Le message est clair : l’avenir de Mambasa ne peut être construit que dans l’unité.
« Nous n’avons pas plusieurs avenirs. Nous n’en avons qu’un, et il est commun. Mambasa d’abord, toujours », conclut Djuma Tokwalo Jimmy.
Rédaction

