Le ton monte au Sud-Kivu à l’Est de la RDC. Douze mouvements citoyens de la province ont publié un communiqué musclé pour rejeter toute tentative de révision de la Constitution congolaise et dénoncer ce qu’ils qualifient de « troisième mandat déguisé » en faveur du président Félix Tshisekedi.
Parmi les mouvements signataires figurent Urgences Panafricanistes, la LUCHA, Filimbi, le Front Citoyen, Génération Z RDC, Parlement de la Rue, Militants de la Démocratie, La Voix de Chebeya DH, Ekoki, Non Violence Academia, Les Deboutistes et La Lutta.
Dans cette déclaration commune, les organisations affirment avoir suivi avec attention le point de presse du chef de l’État tenu le 6 mai 2026 à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa. Selon elles, certaines déclarations du président laissent entrevoir l’ouverture d’un débat sur la modification de la Constitution et un possible dépassement des limites du mandat présidentiel.
Un pays en crise
Les mouvements citoyens estiment que le moment est mal choisi pour lancer un tel débat. Ils rappellent que la RDC traverse plusieurs crises majeures : l’insécurité persistante dans l’Est, une grave situation humanitaire, la pauvreté croissante, les tensions politiques ainsi que les contestations liées aux scrutins de 2018 et 2023.
Pour eux, la population attendait plutôt des réponses concrètes sur la guerre qui ravage l’Est du pays, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri.
« La Constitution est sacrée »
Dans leur communiqué, les signataires rejettent toute réforme constitutionnelle dans le contexte actuel. Ils rappellent que la Constitution de 2006 représente un acquis démocratique obtenu au prix de nombreux sacrifices.
« La Constitution est sacrée, nous la défendrons jusqu’au sacrifice suprême », déclarent-ils.
Ils avertissent qu’une remise en cause de l’alternance démocratique pourrait raviver les tensions et fragiliser davantage l’unité nationale.
Appel à la mobilisation générale
Les mouvements citoyens lancent un appel à la vigilance à la jeunesse, aux forces vives, à l’opposition, aux intellectuels, aux leaders religieux et à toute la société civile afin de défendre l’ordre constitutionnel.
Ils rejettent également toute tentative de « pouvoir à vie » et affirment que le peuple congolais aspire avant tout à la paix, à la justice sociale et à un changement démocratique crédible.
Message clair à Kinshasa
Par cette sortie médiatique, ces organisations du Sud-Kivu entendent peser dans le débat national et rappeler que, selon elles, les véritables priorités du pays restent la paix, la sécurité, la protection des populations civiles et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Rédaction
