Jacquemain Shabani, VPM Ministre de l'intérieur
À l’Assemblée nationale de la RDC, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a échappé de justesse à une motion de défiance qui menaçait son maintien au gouvernement. Une issue inattendue, provoquée non pas par un vote de fond, mais par un coup de théâtre procédural.
Une motion stoppée avant même le débat
Tout s’est joué autour d’une motion incidente introduite par le député national Garry Sakata. Celui-ci a remis en cause la validité de plusieurs signatures apposées sur la motion initiée par Laddy Yangotikala.
Selon lui, certaines signatures seraient inexistantes, attribuées à des non-députés, ou carrément contestées par leurs supposés auteurs.
Résultat : le seuil légal de 50 signatures n’était plus atteint. La motion a donc été déclarée irrecevable, sans débat ni vote.
Une victoire politique, mais un malaise persistant
Ce rejet constitue une bouffée d’oxygène pour la majorité présidentielle, qui a fait bloc pour protéger un pilier du gouvernement. Mais derrière cette victoire procédurale, les tensions restent vives.
Du côté de l’opposition, des voix comme celle d’Olivier Kamitatu dénoncent un véritable « braquage constitutionnel », accusant la majorité de museler le contrôle parlementaire.
“Je n’ai pas échoué”, martèle l’initiateur
Malgré l’échec de sa démarche, Laddy Yangotikala refuse de parler de défaite :
« Je n’ai pas échoué. Le plus important, c’est d’avoir alerté sur l’insécurité. »
Pour lui, l’objectif était avant tout d’interpeller le gouvernement sur la dégradation sécuritaire en RDC, et non de s’attaquer personnellement à Jacquemain Shabani.
Une fronde venue de l’intérieur ?
Fait révélateur : selon certaines sources, plus de 90 % des signataires de la motion proviendraient de l’AFDC de Modeste Bahati Lukwebo, formation politique pourtant membre de la majorité.
Un détail qui soulève une question sensible : la majorité est-elle réellement unie ?
À retenir
La motion contre Jacquemain Shabani a été bloquée pour irrégularités, non rejetée sur le fond.
La majorité a évité une crise politique, mais les divisions internes apparaissent au grand jour.
L’opposition dénonce une dérive, tandis que l’initiateur revendique un succès d’alerte politique.
En clair, Shabani reste en poste… mais le débat sur la sécurité et la gouvernance, lui, est loin d’être clos.
Rédaction
