Bahati Lukwebo, Photo © tiers
Le deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a fini par rendre le tablier mercredi 18 mars, quelques heures seulement après la mise en place d’une commission spéciale chargée d’examiner la pétition dirigée contre lui. Une pression politique devenue trop forte, alors qu’un groupe de sénateurs l’accusait désormais d’incompétence dans la gestion de ses fonctions.
Dans sa lettre de démission, Bahati Lukwebo rejette ces accusations en bloc. Il explique que son départ vise avant tout à ramener le calme et la cohésion au sein de la chambre haute, et non à reconnaître une quelconque défaillance. Il insiste avoir toujours accompli son travail avec sérieux et dans les délais.
Mais derrière cette démission, c’est une crise politique qui couvait depuis plusieurs jours. Tout remonte au 4 mars, lors d’une conférence de presse à Kinshasa où l’autorité morale de l’AFDC avait lancé une phrase choc : « le pays n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes ». Une sortie médiatique qui a mal été digérée dans les rangs de l’Union sacrée de la nation, la plateforme au pouvoir.
Très vite, la polémique enfle. Le sénateur Dany Kabongo monte au créneau et initie une pétition contre Bahati, lui reprochant un manque de respect envers le chef de l’État, Félix Tshisekedi. Malgré des tentatives d’explication et même des excuses publiques adressées à sa famille politique, la fronde ne faiblit pas.
Le 16 mars, jour de la rentrée parlementaire, la pétition est officiellement déposée, avec cette fois des accusations d’incompétence. Une version que Bahati Lukwebo rejette catégoriquement, dénonçant plutôt un règlement de comptes politique.
Avec ce départ, une nouvelle bataille s’annonce au Sénat pour la désignation de son successeur, dans un climat politique encore sous tension.
Rédaction
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