Armée rwandaise, Photo © tiers
Les États-Unis ont annoncé ce lundi 02 mars, une série de sanctions ciblées contre les Rwanda Defence Force (RDF) et plusieurs de ses plus hauts responsables militaires, les accusant d’avoir soutenu militairement et logistiquement le groupe armé M23, actif dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon le Trésor américain, la RDF est désignée en vertu du décret exécutif 13413, tel que modifié par le décret 13671, pour avoir été responsable ou complice d’actions menaçant la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC, notamment par un appui direct ou indirect au M23.
Des hauts gradés rwandais visés
Parmi les personnalités sanctionnées figure Mubarakh Muganga, chef d’état-major des forces de défense rwandaises. Avant sa nomination en juin 2023, il occupait le poste de chef d’état-major de l’armée de terre, période durant laquelle il aurait joué un rôle clé dans la planification et la conduite d’opérations militaires dans l’est de la RDC, selon les autorités américaines.
Les sanctions touchent également Stanislas Gashugi, nommé commandant des forces spéciales de la RDF le 15 mars 2025, ainsi que d’autres hauts responsables, dont Karusisi. Tous sont accusés d’avoir exercé des fonctions de commandement au sein d’une institution impliquée dans des actions déstabilisatrices en territoire congolais.
Des conséquences financières lourdes
Concrètement, ces sanctions entraînent le gel de tous les avoirs des personnes et entités désignées se trouvant aux États-Unis ou sous le contrôle de ressortissants américains. Toute entité détenue à 50 % ou plus, directement ou indirectement, par ces personnes est également concernée.
Les mesures, mises en œuvre par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), interdisent en outre toute transaction financière, commerciale ou logistique impliquant les personnes sanctionnées, sauf autorisation spécifique. Les institutions financières et partenaires internationaux s’exposent à des sanctions secondaires en cas de violation.
Un signal politique fort
Pour Washington, ces sanctions visent à faire pression sur les acteurs impliqués dans la poursuite du conflit à l’est de la RDC, où les violences attribuées au M23 ont provoqué déplacements massifs de populations et une crise humanitaire persistante. Les autorités américaines rappellent que l’objectif des sanctions n’est pas punitif, mais qu’il s’agit d’induire un changement de comportement et de favoriser un retour à la stabilité régionale.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre Kigali et Kinshasa, la RDC accusant depuis plusieurs années le Rwanda de soutenir activement le M23, accusations régulièrement rejetées par les autorités rwandaises.
Lire les sanctions en intégralité ici.
Rédaction
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