Stade Tata Mirindi en cours de construction, Photo © Ismaël Akilimali
A Mambasa, à près de 170 km de la ville de Bunia en Ituri sur la route Kisangani, le Stade Tata Mirindi est devenu le symbole d’un espoir suspendu. Les travaux ayant débuté en mars 2025, à l’arrêt, ont plongé la communauté dans l’incompréhension et la frustration. Ce projet, présenté comme un moteur du développement sportif et un outil d’encadrement pour la jeunesse, se détériore aujourd’hui dans l’abandon.
Ce qui devait incarner la renaissance sportive de la cité s’apparente désormais à un chantier figé, exposé aux intempéries et aux dégradations.
La société civile hausse le ton
La société civile forces vives, par la voix de son coordonnateur Mungeni Yuma, dénonce ce lundi 16 février un retard injustifié dans l’exécution des travaux. Elle évoque un manque de transparence et s’interroge sur les véritables raisons de cette paralysie.
La Fondation Aimé Teza, chargée de la réalisation du projet, est directement interpellée. Pour de nombreux habitants, l’absence de communication claire alimente la suspicion et accentue la perte de confiance.
La population réclame des explications précises :
- Pourquoi les travaux sont-ils à l’arrêt ?
- Existe-t-il un calendrier de reprise ?
- Les fonds prévus ont-ils été correctement mobilisés ?
Une jeunesse laissée sans encadrement
Les conséquences sont lourdes pour la jeunesse de Mambasa. Le football masculin est pratiquement à l’arrêt. Le football féminin, pourtant en pleine progression ces dernières années, ne dispose plus d’un cadre approprié pour évoluer. Les élèves et jeunes talents locaux, qui trouvaient dans le sport un espace d’apprentissage, de discipline et de cohésion sociale, sont désormais privés d’infrastructures adaptées.
Même les entraînements ordinaires ne se déroulent plus dans des conditions normales. Sans terrain digne, sans encadrement structuré, l’énergie des jeunes peine à être canalisée positivement.
Plus inquiétant encore, le site inachevé est aujourd’hui utilisé comme toilettes publiques ou comme lieu de rendez-vous nocturnes, détournant totalement sa vocation initiale et ternissant l’image de la cité.
Un enjeu qui dépasse le simple sport
A Mambasa, le sport ne se limite pas au divertissement. Il constitue un outil essentiel d’encadrement, de prévention contre les dérives sociales et de consolidation du vivre-ensemble.
Chaque jour de retard compromet davantage cette mission. L’inachèvement du Stade Tata Mirindi représente donc un frein au développement communautaire et à la construction d’un avenir plus structuré pour la jeunesse mambassienne.
La Fondation Aimé Teza appelée à agir
Face à cette situation, la société civile forces vives du territoire de Mambasa appelle la Fondation Aimé Teza à assumer pleinement ses responsabilités. Si des difficultés techniques ou financières existent, elles doivent être expliquées publiquement.
Si la fondation n’est plus en mesure de mener le projet à terme, certains acteurs locaux suggèrent qu’elle cède la gestion des travaux à une structure capable de finaliser l’ouvrage dans les meilleurs délais.
La population de Mambasa ne réclame ni polémique ni promesses supplémentaires. Elle exige des actes concrets, un calendrier clair et une reprise effective des travaux.
Car un stade à l’abandon, ce n’est pas seulement du béton inachevé.
C’est un projet collectif interrompu.
C’est une opportunité suspendue.
Et pour beaucoup, c’est une génération qui attend encore que ses espoirs soient pris au sérieux.
Rédaction
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