Attaque armée de Muchacha par les ADF, Image publiée par l'Etat islamique
Dix jours après l’attaque mortelle de Muchacha perpétrée par les ADF, dans le groupement Enjewa, dans la chefferie des Bombo au territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, la situation sécuritaire et humanitaire demeure alarmante. Alors que certains axes connaissent une accalmie relative, d’autres subissent une recrudescence des violences, laissant des milliers de civils payer un lourd tribut dans un contexte marqué par l’absence de communication officielle.
Sur l’axe Mambasa – Badengaido, en direction de Kisangani, un calme précaire a été signalé par plusieurs sources contactées par MAMBASANEWS.CD. Bien que les corps des victimes aient été enterrés, les conséquences restent graves pour la population. Environ 5 000 personnes ont fui leurs villages et se sont dispersées dans des localités voisines, sans abri ni nourriture et sans aucune assistance humanitaire.
En revanche, la situation est particulièrement critique sur l’axe Mambasa – Dingbo, menant vers Isiro. Selon des sources locales, plus de dix personnes ont été tuées, 19 taximen sont portés disparus et au moins 15 motos ont été incendiées. Le poste de patrouille des éco-gardes de la Réserve de faune à okapis (RFO), situé à Nzaro, à près de 90 kilomètres du centre de Mambasa dans la chefferie des Walese Dese, a également subi une attaque des ADF. Plusieurs villages ont été vidés de leurs habitants, aggravant encore davantage la crise humanitaire dans cette région.
Face à cette insécurité persistante, Ubodi Leku Hélène, cheffe de la chefferie des Walese Karo, a appelé dimanche 22 mars la population au calme tout en tentant d’apaiser les esprits quant aux efforts du gouvernement provincial pour rétablir la sécurité dans la zone.
Par ailleurs, des sources locales rapportent que des éléments de l’armée ougandaise (UPDF) pourraient être déployés dans les prochains jours sur les deux axes concernés pour renforcer les forces avec les FARDC. Cette perspective suscite un certain espoir parmi les habitants qui apprécient déjà le rôle joué par cette force dans certaines zones.
Cependant, sur le terrain, le mécontentement grandit. Les acteurs de la société civile dénoncent un abandon manifeste des populations par les autorités et appellent à une intervention urgente tant sur le plan sécuritaire qu’humanitaire.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités compétentes. Ce silence exacerbe inquiétudes et frustrations dans une région déjà fragilisée par des années de violences armées.
Rédaction
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