Dans la province de l’Ituri, où l’état de siège est en vigueur, la liberté d’expression des députés nationaux est de plus en plus menacée. Des élus comme Gracien Iracan de Saint-Nicolas et Abdallah Pene Mbaka font l’objet d’attaques publiques de la part du porte-parole de l’armée pour avoir simplement analysé la situation locale. Pourtant, la Constitution congolaise protège leurs droits : alors, où se trouve l’état de droit ?
La liberté d’expression des élus garantie par la Constitution
En République démocratique du Congo, la Constitution de 2006, notamment son article 156, garantit l’immunité et la liberté d’expression des députés nationaux dans l’exercice de leurs fonctions. Ces protections visent à permettre aux élus de représenter leurs électeurs sans crainte de représailles ou d’intimidation.
Cependant, en Ituri, cette liberté fondamentale semble de plus en plus compromise.
Des attaques répétées contre les députés
Le député national élu de Bunia, Gracien Iracan de Saint-Nicolas, a déjà été publiquement accusé par le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée en Ituri, pour des déclarations innocentes. Cette fois, c’est le député national élu du territoire de Mambasa, le Professeur Abdallah Pene Mbaka qui a subi un sort similaire après ses interventions jeudi 19 mars sur Radio Okapi lors de l’émission Dialogue entre Congolais. Le porte-parole de l’armée en Ituri, le Lieutenant Jules Ngongo l’accuse d’avoir eu une mauvaise gestion par le passé quand il était Gouverneur de province et d’entacher l’image de l’armée.
Ces attaques soulignent un problème structurel : dans un état de siège, les représentants élus sont parfois traités comme inférieurs aux autorités militaires, ce qui va à l’encontre de l’esprit démocratique garanti par la Constitution de la RDC du 18 février 2006 telle que modifiée à ces jours.
L’armée est-elle au-dessus des institutions ?
Dans le passé, même le gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama avait osé répliquer à Vital Kamerhe, qui était alors le speaker de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, le porte-parole militaire s’en prend directement à des députés pour des analyses politiques ou des critiques publiques. Cette situation soulève des questions sur le respect des institutions et sur l’Article 24 de la Constitution qui établit la séparation des pouvoirs et la primauté du législatif dans ses fonctions.
État de droit et démocratie en Ituri
La République démocratique du Congo s’est engagée, par l’Article 23 de sa Constitution, à garantir à tous les citoyens, y compris aux élus, la liberté d’expression et le droit à l’information. Faire taire les députés revient à priver les Ituriens de leur droit fondamental d’être représentés et informés. Une démocratie solide repose sur le dialogue, la critique constructive et la protection des institutions légitimes contre toute forme d’intimidation.
Conclusion : défendre la voix du peuple
Il est essentiel de rappeler que les députés nationaux sont les porte-parole du peuple. Leur critique, même envers l’armée ou le gouvernement, ne constitue pas un acte d’hostilité, mais plutôt une nécessité démocratique. L’état de siège ne devrait pas être utilisé comme un prétexte pour réduire le Parlement au silence. Le respect des élus et de leurs prérogatives légales est indispensable pour assurer la stabilité et la démocratie en Ituri.
Rédaction
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