Au terme de sa mission d’itinérance dans la chefferie de Bandaka en territoire de Mambasa, la Société Civile Forces Vives de l’Ituri a tenu une grande rencontre avec ses composantes ce jeudi 26 février à Niania, chef-lieu de ladite entité coutumière, située à plus de 190 km de Mambasa centre sur l’axe Kisangani. Cette assise s’est inscrite dans le cadre d’évaluation de la situation sécuritaire, socio-économique et environnementale de la zone.
Les échanges ont permi de recueillir les préoccupations majeures de la population exprimées par les responsables des structures citoyennes, ce qui permet de les soumettre aux autorités compétentes pour une solution idoine.
Multiplicité des taxes et abus des services de sécurité dénoncés
Se confiant à MAMBASANEWS.CD ce vendredi 27 février, le Coordonnateur provincial de la Société Civile Forces Vives de l’Ituri a indiqué : « les participants aux rencontres ont dénoncé la multiplicité des taxes, les tracasseries aux points de contrôle devenus barrières de raçons et également la trancasserie orchestrée par les patrouilleurs nocturnes dans leurs entité ».
Ir Dieudonné Lossa poursuit en soulignant que ces pratiques sont attribuées à certains éléments de la DSF, de la Police, de la PCR, des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
« La population parle de perceptions illégales, d’intimidations et d’abus qui aggravent la souffrance des habitants déjà confrontés à une situation socio-économique difficile », a-t-il renchéri.
Face à cette réalité, la Société Civile Forces Vives de l’Ituri demande le remplacement immédiat des agents de sécurité impliqués dans ces tracasseries, afin de restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population. Elle appelle en outre les autorités provinciales et nationales à diligenter des enquêtes sérieuses et à prendre des sanctions exemplaires contre tout agent reconnu coupable d’abus.

Jeunesse en danger : alcool et Tramadol pointés du doigt
Ir Dieudonné Lossa révèle en outre que les échanges avec les composantes locales ont également mis en lumière une situation alarmante concernant la jeunesse.
« De nombreux jeunes s’adonnent de manière excessive à la consommation de boissons fortement alcoolisées et à Tramadol, détourné de son usage médical. Cette situation compromet gravement l’avenir de la jeunesse et menace la stabilité sociale de la chefferie », a-t-il exprimé à MAMBASANEWS.CD.
A cet effet, la société civile demande le renforcement du contrôle de la commercialisation des produits pharmaceutiques et des boissons fortement alcoolisées, l’implication des parents, des autorités coutumières et des leaders religieux, l’organisation de campagnes de sensibilisation, l’appui des partenaires humanitaires pour la prévention et la prise en charge des cas de dépendance.
Exploitation minière et tensions coutumières entre Bandaka et Bombo
À l’issue de la mission, le Coordonnateur provincial de la société civile Forces Vives de l’Ituri a dressé un constat préoccupant quant aux conséquences de l’exploitation minière dans la zone :
« La mission a également révélé que l’exploitation minière menée par des opérateurs chinois dans la zone contribuerait à la disparition progressive des limites naturelles entre la chefferie de Bandaka et celle de Bombo. Cette situation alimente des tensions croissantes entre les deux entités coutumières et pourrait déboucher sur un conflit ouvert si aucune mesure préventive n’est prise », a-t-il conclu.
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