Parquet près le Tribunal de paix de Mambasa, Photo © tiers
Par MAMBASANEWS.CD
Le jeudi 19 février 2026, vers 14h22, un grave incident a été signalé au parquet près le Tribunal de paix de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Selon les informations recueillies, le magistrat Tshilombo wa Tshilombo Eva aurait violemment agressé un avocat inscrit au Barreau de l’Ituri dans les locaux mêmes du parquet. Le chef de parquet, Yav A Muteb, qui assistait à la scène, aurait tenté d’intervenir pour calmer la situation.
Cet événement, s’il est confirmé, constitue une violation grave de l’éthique judiciaire et un affront à l’image de la magistrature.
Une atteinte flagrante aux principes constitutionnels
La Constitution congolaise de 2006 garantit :
- Article 12 : l’égalité de tous devant la loi et la protection de leurs droits.
- Article 149 : l’indépendance du pouvoir judiciaire.
- Article 150 : les magistrats ne sont soumis, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’à l’autorité de la loi.
L’agression alléguée démontre une méconnaissance totale de ces principes. L’indépendance des magistrats ne peut justifier aucun abus de pouvoir ou acte violent. Bien au contraire, elle implique un devoir de responsabilité et d’exemplarité renforcé.
Code pénal et statut des magistrats : la loi s’applique à tous
Selon le Code pénal congolais, les coups et blessures volontaires sont sanctionnés par des peines pouvant aller jusqu’à plusieurs années de prison, selon la gravité des lésions. Le fait que l’acte ait été commis dans l’enceinte d’un tribunal constitue une circonstance aggravante, car il touche directement la crédibilité de l’institution judiciaire.
La loi organique n°06/020 du 10 octobre 2006 portant statut des magistrats impose des devoirs stricts :
- Intégrité et dignité dans l’exercice de la fonction.
- Comportement exemplaire et compatible avec l’honneur de la magistrature.
- Obligation de réserve et respect de la hiérarchie.
Tout manquement grave expose le magistrat à des sanctions disciplinaires allant de l’avertissement à la révocation, prononcées par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).
L’image de la justice en jeu
Cet incident risque de fragiliser la confiance du public dans le système judiciaire. La justice ne repose pas uniquement sur les textes, mais aussi sur l’exemplarité de ceux qui la rendent.
Quand un magistrat, censé être un modèle de rigueur et de discipline, use de violence contre un avocat, c’est la légitimité de tout l’appareil judiciaire qui est compromise. Dans un pays où l’opinion publique est déjà critique à l’égard de certaines institutions, ce type de comportement peut accentuer le scepticisme et la méfiance envers la justice.
Appel à une enquête rapide et transparente
Le procureur Yav A Muteb a exprimé son indignation et annoncé que des mesures seront prises afin que l’auteur réponde de ses actes conformément à la loi.
Pour restaurer la crédibilité de l’institution, plusieurs mesures sont indispensables :
- Enquête administrative et disciplinaire immédiate par le CSM.
- Poursuites pénales si les faits sont confirmés, conformément aux articles du Code pénal.
- Communication transparente pour assurer le public que la justice s’applique à tous, y compris aux magistrats eux-mêmes.
Restaurer l’honneur de la magistrature
Au-delà des sanctions individuelles, il s’agit de préserver l’autorité morale de la justice. La magistrature doit demeurer un corps exemplaire, garant de l’État de droit et des libertés fondamentales.
Dans un État de droit, nul n’est au-dessus de la loi, pas même ceux qui ont pour mission de la faire respecter. La justice ne pourra regagner la confiance des citoyens qu’en traitant ce type d’incident avec rigueur, impartialité et transparence.
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