La Société civile Forces vives du territoire de Mambasa dans la province de l’Ituri a vivement réagi ce jeudi 09 avril 2026 à la suite de l’incident survenu lors de l’arrivée d’une délégation de la MONUSCO, dénonçant les propos « sans fondement » tenus à son encontre par le porte-parole des FARDC en Ituri.
Dans une déclaration officielle signée par son coordonnateur territorial, Mungeni Yuma Imurani, l’organisation exprime son indignation face à des accusations qu’elle juge « graves et infondées ».
« Ces déclarations portent atteinte à l’image d’une organisation citoyenne reconnue pour son engagement constant en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de l’accompagnement des efforts du gouvernement », peut-on lire dans le document.
Des accusations rejetées en bloc
La Société civile dénonce notamment les propos l’assimilant à un projet de « non-État » ou à une complicité avec des ennemis de la paix dans l’exploitation illicite des ressources naturelles.
« Assimiler la Société civile à un projet de non-État relève d’une dérive inacceptable », insiste la déclaration.
Elle rejette également toute implication politique, notamment en lien avec le député national Abdallah Pene Mbaka Jefferson.
« La Société civile est et demeure une entité apolitique, indépendante de toute influence partisane », précise-t-elle.
Éclaircissements sur l’incident de la MONUSCO
Revenant sur les faits, la structure citoyenne affirme s’être rendue au bureau du territoire dans un esprit d’échange afin de mieux comprendre les objectifs de la mission onusienne.
« Nous avions exprimé des réserves quant à l’arrivée non concertée de cette délégation de la MONUSCO, en tirant les leçons d’un incident similaire survenu en mai 2022 », explique la Société civile.
Concernant les tensions observées au village Butiaba 1, elle décline toute responsabilité.
« Les réactions observées relèvent d’une spontanéité des jeunes et ne sauraient en aucun cas être imputées à la Société civile Forces vives. »
Un appel à la responsabilité
Dans sa déclaration, la Société civile rappelle le rôle d’un porte-parole militaire, tout en appelant à plus de retenue dans la communication.
« Le rôle d’un porte-parole de l’armée est de renforcer la confiance entre civils et militaires, et non de jeter l’opprobre sur des structures citoyennes sans vérification préalable des faits. »
Elle invite ainsi le lieutenant Jules Ngongo à adopter une démarche plus responsable.
« Nous appelons le lieutenant Jules Ngongo à faire preuve de responsabilité, à s’informer auprès de sources fiables et à privilégier les enquêtes de terrain. »
La structure condamne par ailleurs toute dérive à connotation tribaliste, estimant qu’elle va à l’encontre de la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Maintien du dialogue malgré les tensions
Malgré la polémique, la Société civile Forces vives réaffirme son engagement pour la paix et sa disponibilité à dialoguer avec tous les acteurs notamment la MONUSCO.
« La paix ne se construira ni dans la division, ni dans les accusations gratuites, mais dans le respect mutuel, la vérité et la collaboration sincère entre tous les acteurs. »
Dans un contexte d’insécurité persistante à Mambasa, elle appelle à la retenue, à la responsabilité et à la solidarité pour faire face aux défis sécuritaires.
M.A.B.I
