Marché Kabila de Mambasa en Ituri, photo © Ismaël Akilimali
La contestation s’intensifie au sein du groupement Mputu, en chefferie de Mambasa, territoire portant le même nom dans la province de l’Ituri. Les vieux sages et les jeunes de la communauté locale réclament le départ de l’actuel chef du marché Kabila, Maître Claude Bakoyoko, accusé de mauvaise gestion et de non-respect des accords communautaires.
Dans un mémorandum adressé ce lundi 5 janvier aux autorités coutumières et administratives, la communauté dénonce une gestion qu’elle qualifie d’opaque et conflictuelle du marché Kabila, l’un des principaux centres d’échanges commerciaux de la chefferie de Mambasa.
Au cœur de la contestation figure la nomination de l’actuel administrateur du marché. Selon les signataires du document, Maître Claude Bakoyoko n’aurait pas été désigné suivant une procédure claire et consensuelle impliquant les ayants-droit, initiateurs du projet du marché. Les sages et les jeunes estiment que leur droit de jouissance sur cette infrastructure communautaire est aujourd’hui bafoué.
La communauté reproche également au chef du marché plusieurs faits jugés graves, notamment la vente présumée et illégale de certains espaces du marché, y compris des emplacements initialement réservés à des infrastructures sanitaires. Elle évoque aussi des modifications non autorisées de l’aménagement interne du marché, sans consultation des autorités coutumières ni information préalable de la hiérarchie locale.
Autre point de discorde : le non-respect des engagements financiers. Les habitants de Mputu affirment que Maître Claude Bakoyoko refuserait de rétrocéder la part des recettes du marché destinée aux ayants-droit, contrairement aux accords conclus lors de la cession du terrain en 2004. Ces accords prévoyaient également que la gestion du marché ne devait pas être confiée à une personne non désignée par la communauté.
Face à cette situation, les vieux sages et les jeunes du groupement Mputu exigent le départ « sans délai ni condition » de l’actuel chef du marché. Ils préviennent qu’en l’absence d’une solution rapide, d’autres actions pacifiques pourraient être entreprises afin de faire respecter leurs droits.
Le mémorandum a été transmis à plusieurs autorités administratives, sécuritaires et judiciaires, ainsi qu’aux organisations locales de la société civile, dans l’espoir d’une médiation rapide et d’un retour au calme.
Contacté par la rédaction de notre consœur la Radio Communautaire Amkeni, le chef du marché incriminé, Maître Claude Bakoyoko, n’a pas souhaité répondre au micro.
Un dossier à suivre…
Ismaël Masiya Akilimali Bafoka
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